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Albert Tours Blog-  A Licensed Tour Guide - Israel

Solution(s) à Deux États?

Le conflit actuel entre Israël et le Hamas remet sur le tapis la nécessité perçue en Occident pour une "solution à Deux États". Une telle initiative n'est cependant pas nouvelle car, en fait, les Arabes se sont vu proposer une telle solution à de multiples reprises. Voici les faits.


Le Mandat Britannique

Après l’éclatement de l’Empire Ottoman, à la suite de la Première Guerre Mondiale, la Grande-Bretagne a pris le contrôle de la majeure partie du Moyen-Orient, y compris de la zone qui constitue l’Israël moderne. Le mandat britannique, décidé lors de la conférence de San Remo en 1920 par la Société Des Nations (la SDN était le précurseur de l'ONU), englobait ce qui est aujourd'hui Israël, la Jordanie, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Le but du mandat était déjà de créer DEUX états sur ce vaste territoire : un arabe et un juif.

Le Mandat britannique sur la Palestine (1920)

Mais, en 1921, la Grande-Bretagne décide de soustraire 2/3 de ce territoire afin de créer l'Émirat de Transjordanie et elle place un dirigeant hachémite (saoudien) pour la diriger. Ceci a été fait pour remercier les quelques 2000 bédouins d'Arabie qui avaient rejoint la révolte anti-ottomane parrainée par les Britanniques et dirigée par Hussein, chérif de La Mecque, et son fils Fayçal. La famille hachémite a été plutôt bien remerciée par les Britanniques avec aussi la création du Royaume d'Iraq en 1921, avec Fayçal sur le trône. Mais il est bon de noter que, les Arabes de Palestine de leur côté, se sont battus pour les Turcs, donc contre les Britanniques. Ils se considéraient d'ailleurs comme la "Syrie du Sud" de l'Empire Ottoman, sans aucune revendication nationale propre. Or, contre tout espoir arabe, la Syrie tombe dans le mandat français et il n'est plus possible pour les Arabes de Palestine de revendiquer une appartenance syrienne : c'est en mi-1921 que le 4ème congrès national arabe, réuni à Haïfa, abandonne alors ce rêve d'union avec la Syrie. Mais, en Palestine, les Britanniques nomment à la même époque en 1921 un nationaliste virulent, Amin al-Husseini, comme Grand Mufti de Jérusalem. Au fil du temps, ce choix mal venu renforce le sentiment nationaliste des Arabes de Palestine qui est alimenté par les exhortations du Mufti pour développer le sentiment antisémite contre les Juifs.


La création de la Transjordanie quant à elle était contraire et à l'esprit du Traité de Versailles (qui demandait que chaque ethnie puisse avoir son propre pays, et être gouvernée par un dirigeant de son peuple), et à l'esprit du mandat (car ce fut une erreur historique de s'en écarter en créant un état arabe seul sans créer en même temps un état pour les Juifs eux aussi). Vu des Juifs, cette création de la Transjordanie sur les 2/3 du territoire était d'ailleurs comprise comme un préambule à la création de l'état juif, souhaité par la SDN, sur les 1/3 restants (c'est-à-dire sur le territoire ce qui correspond aux régions actuelles d'Israël, de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza). Notons au passage que les mandats britannique et français sur l'ensemble du Moyen-Orient est dû à l'éclatement de l'Empire Ottoman qui était dans le camp des perdants de la Première Guerre Mondiale (comme, en Europe, l'Empire Allemand et l'Empire Austro-Hongrois) : tous les pays actuels comme Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Irak, etc. ont été créés par cet éclatement, et personne ne discute leur droit à l'existence aujourd'hui, sauf concernant Israël !


Mais le mandat britannique perdure sur ce qu'il reste de la Palestine et, 17 ans plus tard, en 1936, les Arabes se rebellent contre l'autorité mandataire et contre les Juifs. Surpris par cette révolte, et ayant peu de moyens militaires sur place pour la contrer, les Britanniques forment un groupe de travail, la Commission Peel, pour étudier les causes de la colère arabe et y remédier. La Commission concluait en 1937 que la raison de la violence était que deux peuples, Juifs et Arabes, voulaient gouverner le même territoire et que le mandat de la SDN n'était donc pas réalisable. La solution, selon la Commission Peel, était de créer deux États indépendants, un pour les Juifs et un pour les Arabes. Une solution à Deux États, sur le 1/3 restant des territoires du mandat de la SDN, commence ainsi à émerger. Le découpage suggéré était largement en faveur des Arabes car les Britanniques leur offraient 78% du territoire, et aux Juifs ils leur offraient 22 %. Il y avait aussi (voir carte ci-dessous) une zone internationale autour des lieux saints (Jérusalem et Bethléem) et jusqu'à Tel-Aviv. Malgré la taille minuscule de l’État proposé, les Juifs acceptent cette offre. Mais les Arabes la rejettent et reprennent leur violente rébellion qui ne s'est terminée qu'avec le début de la Seconde Guerre Mondiale en 1939. Entretemps, pour contenter les Arabes, les Britanniques ont fermé les portes de la Palestine aux Juifs (c'était l'infâme politique du Livre Blanc), mais n'ont jamais restreint l'immigration arabe car ils avaient besoin de main d'oeuvre pour les nombreux travaux publics (bâtiments, routes, port de Haïfa, etc) pendant toute la période de leur mandat. L'année 1937 voit ainsi le premier rejet arabe d'une solution à Deux États !

Partition proposée par la Commission Peel (1937)

La Seconde Guerre Mondiale

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la lutte contre le Nazisme en Europe devient la priorité pour les Juifs de Palestine. Un corps militaire est formé au sein même de l'armée britannique : la Jewish Brigade (la Brigade Juive). Elle comptait quelques 30.000 Juifs de Palestine et ses hommes ont notamment participé à la libération de l'Italie contre l'emprise nazie.

Joseph Wald de la Jewish Brigade avec un obus marqué "cadeau pour Hitler"

De leur côté, les Arabes de Palestine se rallient au Reich nazi par leur représentant, le Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Il vit en exil à Berlin (aux frais du régime nazi) où il rencontre Hitler et tous les dignitaires nazis. Un corps arabe de Waffen-SS est formé en Bosnie pour aider à l'effort de guerre allemand.

Le monde arabe se défend souvent contre l'affirmation d'avoir été du côté du camp nazi en expliquant que le Mufti n'était pas le représentant de la position arabe. Mais cette défense ne tient pas car, par exemple, l'Égypte avait espéré une victoire de Rommel en Afrique et n'avait envoyé aucun soldat dans les rangs britanniques pendant toute la durée de la guerre prétextant le manque de "moyens militaires". Or, dès 1948, l'Égypte a bien trouvé de tels moyens militaires pour envahir Israël avec une armée, des tanks et des bombes !!

Rencontre entre Hitler et le Mufti de Jérusalem

Le vote historique de l'ONU

Après la guerre 1939-1945, alors que l'Holocauste devient publiquement connu, la pression monte contre la Grande-Bretagne d'accepter 200.000 Juifs libérés des camps de la mort, qui étaient encore parqués sur les lieux mêmes de leurs persécutions. Mais les portes leur restent fermées malgré des tentatives d'immigration illégale, la plupart du temps vouées à l'échec : c'était notamment l'épisode du navire Exodus. Puis, en 1947, les Britanniques jettent finalement l'éponge de leur mandat et demandent aux Nations Unies de trouver une solution. À l’instar de la Commission Peel, l’ONU forme une nouvelle commission internationale qui conclut aussi que la façon de résoudre le problème était de partager le territoire. En novembre 1947, l'ONU vote donc pour la création de deux états selon un plan de partition proposé par ladite commission. Une fois de plus, les Juifs acceptent cette solution à Deux États et, une fois de plus, les Arabes la rejettent. C'est leur second rejet !


Il est bon aussi de rappeler que les Arabes de Palestine avaient fait le choix du camp de l'Allemagne nazie, contre les Britanniques auxquels s'étaient alliés les Juifs de Palestine. Et ils ont donc fini dans le camp perdant, Mais la logique de la guerre, d'un côté perdant redevable au côté gagnant, ne s'est pas appliquée dans le cas des Juifs, traités comme si la guerre n'avait pas eu lieu !

Plan de partition 1947, et lignes de cessez-le-feu 1949

Les guerres israélo-arabes

Les Arabes ont donc rejeté ce plan de partition de l'ONU en lançant une guerre totale contre l'État d'Israël naissant. C'est la Guerre d'Indépendance d'Israël, connue dans le monde arabe comme la "Nakba" (= la catastrophe) en étant oublieux que cette "catastrophe" a été provoquée par le rejet arabe d'une solution pacifique à Deux États !


La Jordanie, l’Égypte, l’Irak, le Liban et la Syrie (qui, rappelons, n'avaient eu droit à leur récente existence que grâce à la chute de l'Empire Ottoman) se sont unis aux Arabes de Palestine contre Israël dans ce conflit de 1948-1949. Mais ils ont échoué. Israël a gagné la guerre puis s’est lancé dans la construction de leur nouvelle nation payée par le prix du sang (1% de la population israélienne de l'époque trouva la mort dans ce conflit). La plupart des terres réservées par l’ONU à un État arabe (la Cisjordanie et Jérusalem-Est) sont devenues des "territoires occupés", non par Israël, mais par la Jordanie qui avait outrepassé sa frontière reconnue (de l'ancienne Transjordanie) et avait envahi la Palestine mandataire. Il est utile de noter que le succès territorial jordanien était grandement dû au fait que cette armée (appelée la Légion Arabe) était créée, armée, entrainée et dirigée par des officiers britanniques ! Le commandant en chef de la Légion Arabe était John Bagot Glubb, surnommé "Glubb Pacha", qui resta en poste jusqu'en 1956. Au début de cette guerre, les Juifs dénonçaient d'ailleurs la Grande-Bretagne comme étant de facto en guerre contre Israël du fait de leur implication directe dans le commandement, support et armement de la Légion Arabe.

Article du Times, à la date 18 mai 1948

Quelques 19 ans plus tard, en juin 1967, les Arabes ont voulu mener une nouvelle guerre contre Israël, menée cette fois par l'Égypte sous les exhortations belliqueuses de son président Nasser de "jeter les Juifs à la mer". Le conflit de 1967, connu sous le nom de Guerre des Six Jours, s’est soldé par une victoire éclatante pour Israël. Jérusalem et la Cisjordanie ainsi que la bande de Gaza sont tombées sous le contrôle d'Israël. Le gouvernement israélien est alors divisé sur la question de savoir quoi faire avec ces territoires saisis. La moitié souhaitait rendre la Cisjordanie à la Jordanie et Gaza à l’Égypte en échange d'une paix durable. L'autre moitié voulait plutôt céder ces territoires aux Arabes locaux qui commençaient à se qualifier de "Palestiniens", depuis la création de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) en 1964, dans l'espoir qu'ils y construiraient finalement leur propre État et concluraient eux-mêmes une paix durable avec Israël. Aucune des deux possibilités n’est allée très loin car, le 1er septembre 1967, la Ligue Arabe réunie à Khartoum (Soudan), lança ses fameux trois « Non » :


1. Non à la paix avec Israël

2. Non à la reconnaissance d'Israël

3. Non à la négociation avec Israël


Encore une fois, la solution à Deux États est rejetée par les Arabes : rejet numéro 3.


Ce refus de Khartoum a aussi fait réfléchir les dirigeants israéliens (du parti travailliste à cette époque) sur le futur : ce refus arabe signifiait une situation de tensions à long-terme, voire de conflits militaires répétés. Alors la décision a été prise de créer des implantations israéliennes sur les territoires saisis, notamment sur des terres qui avaient été achetées avant 1948, par exemple à Hébron et au Goush Etzion au sud de Jérusalem (les Juifs de ces terres avaient été massacrés ou expulsés). Les implantations actuelles ne sont pas stricto sensu contraires au droit international car soit elles étaient des terres acquises par des Juifs avant 1948 (voire avant 1914), soit elles se trouvaient sur des terres inhabitées et incultes dans lesquelles aucun village arabe n'existait. En droit international, un gouvernement qui gère des territoires peut utiliser des terres inhabitées pour créer des routes, des logements, des infrastructures, etc. Et, dans les faits, il y a aussi des constructions pour les Palestiniens sur des nouvelles terres, par exemple pour étendre leurs villes et villages. L'autre raison de ces implantations est que ceux qui veulent vivre sur ces terres le font car ils les considèrent comme des terres bibliques ou juives ancestrales : historiquement les Juifs jusqu'à l'époque romaine (et bien avant la création de l'Islam) ne vivaient pas à Tel Aviv mais en Judée-Samarie ! Les habitants juifs desdites implantations sont d'ailleurs prêts à être considérés comme citoyens d'un État de Palestine plutôt que de l'État d'Israël, car ils ne s'intéressent qu'à vivre dans les terres ancestrales, peu leur importe la nationalité et le passeport. Dans l'absolu, il y a 21% d'Arabes qui ont la citoyenneté israélienne, alors pourquoi n'y aurait-il pas autant de Juifs qui auraient un jour une nationalité palestinienne ? Si la paix est réelle, il n'y a pas d'obstacle à cela. Donc, depuis septembre 1967, Israël a entamé une politique d'autoriser les Juifs qui souhaitent s'établir dans les terres ancestrales de Judée-Samarie, du moment que ces terres avaient été achetées par des Juifs ou qu'elles étaient cédées par le gouvernement pour le développement de la région (habitations, agriculture, économie, etc.)


Discussions pour une paix

Il y a ensuite eu des lueurs d'espoir de résolution de ce conflit à la suite de la Guerre de Kippour de 1973. L'Égypte fait une paix historique avec Israël en 1978, mais son Président Anwar Sadat se fait assassiner en 1981. Cependant l'élan de paix qu'il a créé se poursuit encore aujourd'hui. Dans les années 1990, il y a les Accords d'Oslo entre Israël et l'OLP. Mais là encore, l'artisan de ces accords côté israélien, le Premier Ministre Itzak Rabin, se fait assassiner en 1995. Avant sa mort, il a pu avoir la satisfaction de signer l'accord de paix historique avec la Jordanie en 1994. Son assassinat n'arrête cependant pas le processus vers une paix qui parait de plus en plus atteignable.


En 2000, le Premier Ministre israélien Ehud Barak rencontre à Camp David le Président de l'OLP, Yasser Arafat, pour conclure un nouveau plan à Deux États. Barack propose à Arafat un État palestinien dans 100% de la Bande de Gaza et dans 92 % de la Cisjordanie (les 8% restants étant cédés à partir de terres israéliennes), avec Jérusalem-Est pour capitale (ce qui signifiait de diviser la ville sainte en deux, comme le Berlin d'après-guerre). Mais, contre toute attente, après la bonne volonté apparente lors des Accords d'Oslo, le dirigeant palestinien rejette cette offre en exigeant des conditions plus draconiennes, voire inacceptables, pour Israël. Selon le président américain lui-même, Bill Clinton, Arafat est resté 14 jours à Camp David et a dit « non » à tout. Et, au lieu de signer une "paix des braves" pour tourner la page à un conflit presque centenaire, Arafat exhorte les Palestiniens à se lancer dans une vague sanglante d’attentats suicides qui a tué plus de 1000 Israéliens et en a mutilé des milliers d'autres dans les bus, les salles de mariage, les discothèques, les pizzerias. Encore une fois, la solution à Deux États est rejetée par les Arabes : rejet numéro 4.

Barak, Clinton et Arafat à Camp David, 2000

Gaza et le Hamas

Toutefois, suivant la feuille de route des Accords d'Oslo, Israël décide en 2005 de se retirer unilatéralement, sans négociation, de la bande de Gaza, en laissant aux Palestiniens locaux le contrôle total de cette région. Pourquoi? L'espoir était que, si l'OLP ne voulait pas signer de paix pour diverses raisons, donner l'autonomie complète aux Palestiniens sur un territoire dans lequel ils pourraient décider de leur avenir conduirait à une paix sur le terrain et dans les faits. Mais les Israéliens allaient vite déchanter. Des élections ont lieu à Gaza en 2006 et, sans réelle surprise, ce n'est pas le Fatah (parti politique d'Arafat, perçu comme corrompu) qui les remporte mais le Hamas, affilié aux Frères Musulmans d'Égypte. Ceux-ci massacrent leurs opposants politiques du Fatah et annulent tout processus démocratique par lequel ils ont été amenés au pouvoir. Ils instaurent une dictature religieuse, rejettent les Accords d'Oslo (dont la reconnaissance à l'existence d'Israël), et transforment Gaza en une base terroriste depuis laquelle ils vont pouvoir tirer des milliers de roquettes sur Israël dans les années qui suivent. Et, chose étonnante, malgré leur position extrémiste déclarée, même envers la population civile de la Bande de Gaza qu'ils utilisent comme bouclier humain, le Hamas continue de recevoir l'aide financière du monde entier (ONU, Union Européenne, pays européens individuels, et pays arabes). Ces fonds sont d'ailleurs utilisés en bonne partie pour bâtir des tunnels souterrains (une infrastructure estimée à 500 km, soit deux fois la taille du métro parisien) et un arsenal militaire ad-hoc en vue d'une guerre d'usure contre Israël.

Roquettes tirées par le Hamas contre Israël (source: AFP, Getty)

Mais malgré cette situation sécuritaire instable avec Gaza, Israël a réessayé la paix en 2008... Le Premier ministre Ehud Olmert est allé encore plus loin que l'offre faite par Ehud Barak, en incluant des terres supplémentaires en vue de mieux convenir à la position palestinienne. Mais, comme son prédécesseur, le nouveau dirigeant palestinien Mahmoud Abbas (qui avait écrit une thèse négationniste contestant l'existence de l'Holocauste) refuse cette nouvelle solution à Deux États : rejet numéro 5.


Depuis lors, le monde en est là. Cinq tentatives pour résoudre le contentieux historique par des offres de solution à Deux États, toutes rejetées par les Arabes. Pire, ces refus ont toujours été suivis par des phases violentes contre Israël, pour éclipser leur refus et en faire porter le blâme à Israël grâce à une propagande médiatique orchestrée.


Pourquoi les Arabes ont-ils rejeté les offres de partition et de paix ? Parce que, comme les slogans actuels le disent ouvertement : "Free Palestine" ! Cela veut dire que leur souhait véritable est de "libérer" toute la Palestine, "de la rivière (du Jourdain) à la mer (Méditerranée)", sans aucune place pour un État voisin juif. Selon un sondage de Pew Research Center datant de 2014, 63% de Palestiniens rejettent la solution à Deux États. Un sondage palestinien de 2021 situe ce pourcentage à 59%. Les opposants palestiniens à cette solution sont donc en majorité avec environ 60%. Aucune solution à Deux États n'est alors possible avec une telle position populaire, et le monde fait semblant d'y croire encore en blâmant Israël pour l'échec d'une solution à Deux États toujours rejetée. De plus, cette position de réclamer toute la Palestine fait aussi que le Hamas et les Palestiniens parlent d'Israël comme un "occupant" (sur cette question de soi-disant "occupation", lire mon autre blog sur les frontières d'Israël) et cette description est malheureusement relayée par nombre de médias dans le monde sans comprendre de quelle "occupation" de territoire il s'agit.


Existe-t-il une solution ?

Le gel actuel du processus de paix entamé avec les Accords d'Oslo a essentiellement été causé par la scission entre le Fatah (qui déclare être en faveur d'Oslo) et le Hamas (qui rejette Oslo). Il y a aussi des réticences compréhensibles côté israélien à poursuivre une feuille de route vers la paix alors que le retrait unilatéral de la Bande Gaza cause autant de problème à Israël depuis 2006 et jusqu'à aujourd'hui. De plus, mis à part le Hamas, le groupement terroriste palestinien du Djihad Islamique lui aussi rejette toute paix avec Israël car, comme son nom l'indique, ils veulent le Djihad, c'est-à-dire la guerre sainte, contre Israël d'abord et contre l'Occident tout entier à terme ! Car c'est ainsi demandé dans le Coran. Tous ces groupes sont de la même idéologie que Daesh (ISIS) qui a pour but d'établir un État Islamique à travers le monde. Israël ne peut évidemment faire une paix sans que les Palestiniens soient d'abord tous d'accord entre eux.


Alors la solution, si elle existe, passe peut-être par des négociations avec le seul Fatah et doit donc commencer par l'élimination du Hamas et du Djihad Islamique de l'équation, car ces deux groupes rejettent les Accords d'Oslo et déclarent vouloir la destruction d'Israël. Le Hamas déclare aussi que la lutte armée est la seule option et que les conférences internationales pour la paix (dont Oslo) ne sont "que perte de temps et vains efforts" (article 13 de la Charte du Hamas). Donc tant que le Hamas et le Djihad Islamique existent, la paix ne sera pas possible car ils sont son entrave actuelle.


Maints observateurs occidentaux ont aussi noté que l'attaque surprise du Hamas le 7 octobre 2023 avait sans doute pour but de torpiller les initiatives vers une paix entre Israël et l'Arabie Saoudite. Mais derrière le Hamas, il y a l'Iran qui le pilote. Et épaulant l'Iran, il y a la Russie, la Chine et la Corée du Nord... L'avenir proche nous dira jusqu'où cette crise que l'Iran a allumée par le biais du Hamas va mener le Proche-Orient et le monde dans son ensemble.


Et que dire du Fatah dans le processus de paix ? Bien entendu il y a les Accords d'Oslo avec ladite solution à Deux États, mais des obstacles sérieux sont déjà dressés sur cette route. D'autant que le public palestinien, si l'on croit les sondages, semble rejeter une telle solution. De surcroit, Mahmoud Abbas avait déclaré que cette solution doit nécessairement inclure les conditions ci-dessous qui sont impossibles à accepter par Israël :


1- Acceptation de l'existence d'un État d'Israël démocratique comme voisin, mais bridé de son caractère d'État Juif : de son côté, l'État de Palestine sera musulman et, on peut en douter, pas forcément démocratique !


2- l'État de Palestine ne devra avoir aucun citoyen juif : les Palestiniens veulent expulser de leur futur État tous les Juifs qui y vivent aujourd'hui (environ 500.000 personnes) : il s'agit donc de procéder à un nettoyage ethnique dans le futur État de Palestine. Israël est par ailleurs accusée d'Apartheid par le monde pro-arabe et ses soutiens, alors que c'est exactement le contraire ; il est bien connu qu'à force de répéter un mensonge, le monde finit par y croire !


3- Israël devra accepter le retour de tous les réfugiés arabes de 1948 sur leurs terres : voir ci-dessous


4- Jérusalem sera capitale de l'État de Palestine et sa Vieille Ville doit revenir à la souveraineté palestinienne : en 2016, les Palestiniens ont même réussi à faire passer une résolution par l'UNESCO pour déclarer que le Mur des Lamentations est musulman !


En résumé, l'État de Palestine devra être libre de Juifs mais l'État d'Israël (qui a déjà une population 21% musulmane, soit 2 millions environ) doit accueillir encore près de 2 autres millions de "réfugiés" palestiniens en son sein. Ceci porterait la population musulmane de l'État d'Israël à 4 millions environ pour une population totale de 12 millions d'habitants. Car ces Palestiniens sont considérés comme "réfugiés" depuis 1948 !! La réalité est que la plupart de ces réfugiés ont quitté leurs villages et villes lors de la guerre de 1948, non pas du fait d'Israël qui offrait la citoyenneté et les droits civils et religieux à toutes les communautés, mais du fait des pays arabes agresseurs qui ont mené la guerre contre Israël et ont demandé aux Palestiniens de s'écarter des zones de guerre pour y revenir plus tard après que les Juifs aient été jetés à la mer ! Donc, notamment la Bande de Gaza, sous contrôle égyptien en 1948, a accueilli les Palestiniens qui se sont réfugiés dans la Bande de Gaza à la demande de l'armée égyptienne. Le monde oublie aussi que, en même temps qu'il y a eu environ 800.000 Arabes qui se sont retrouvés "réfugiés" en 1948, il y aussi eu environ 800.000 Juifs qui ont été expulsés de leurs domiciles par les pays arabes : ces Juifs "réfugiés", eux aussi victimes du conflit de 1948, n'ont pas été reconnus comme tels par l'ONU et n'ont reçu aucune aide financière alors qu'une telle aide est allouée aux Palestiniens "réfugiés" par l'ONU jusqu'à aujourd'hui.


Il est bon de rappeler aussi que, en 1948, d'autres Arabes sont restés sur place en Israël sans s'enfuir et forment aujourd'hui cette population d'Arabes israéliens à hauteur de 21% de la population totale de l'État d'Israël. Les Arabes qui ont cédé à la pression des nations arabes contre Israël et ont quitté leur domicile sont devenus "réfugiés" par leur propre volonté et les nations arabes voisines ne les ont pas accueillis en leur sein. Nombreux sont ceux qui vivent encore en 2023 dans des "camps" en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, mais aussi au Liban, et sont maintenus dans ces camps par les autorités palestiniennes actuelles ! Pourquoi sont-ils réfugiés sur leur propre territoire, alors que les Palestiniens disposent d'une autonomie sur ce territoire? La raison est qu'ils préfèrent ainsi garder le statut de réfugiés vis-à-vis de l'ONU et vivre aux dépens des contribuables du monde entier. Car, de façon unique et exceptionnelle, l'ONU accepte de faire passer ce statut de réfugié palestinien de père en fils, ce qui se traduit par des supports financers gérés par des agences onusiennes des réfugiés (dont l'UNWRA dans la Bande de Gaza) encore aujourd'hui après 75 ans...


Le monde ne tourne vraiment pas rond. Et le camp palestinien utilise les instances internationales pour faire passer des mensonges plus grotesques les uns que les autres. Aujourd'hui, cette Solution à Deux États parait bien utopique et irréalisable. Mais le monde occidental dans son ensemble va continuer à mettre la pression sur Israël pour leur faire accepter une telle solution basée sur des conditions inacceptables qui ne peuvent que mener à d'autres tensions et d'autres guerres destructrices. Car l'Histoire a déjà prouvé que le camp arabe lève les armes dès qu'il est acculé à dire "non" à une solution de partition proposée. Et ceux qui scandent Free Palestine, from the river to the sea (libérez la Palestine, de la rivière jusqu'à la mer) sont clairement dans le camp de la guerre, comme le Hamas et d'autres islamistes fanatiques, avec qui aucune solution pacifique n'est même négociable.


Albert Benhamou

Guide touristique francophone en Israël

Octobre 2023


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