top of page
2016-02-29 13.14.05_edited.jpg

Voyage dans la géologie d'Israël

2 days ago
12 min read

Updated: 2 days ago

Il existe des pays que l’on traverse par leurs villes, leurs rites ou leurs routes. Israël se traverse aussi par ses roches. Sur un territoire exigu, la croûte terrestre y change de visage avec une rapidité presque théâtrale. En quelques heures, on passe des calcaires clairs des collines de Judée aux basaltes sombres du Golan, des grès rouges de Timna aux boues salées de la mer Morte.


Cette densité donne à la géologie d'Israël une force singulière. Les paysages y racontent plusieurs chapitres de l’histoire de la Terre, depuis les socles anciens du sud jusqu’aux dépôts sédimentaires du littoral méditerranéen. Pour qui aime lire les reliefs, les strates et les fractures, le voyage devient une coupe géologique grandeur nature.



Wide-angle view of Makhtesh Ramon cliffs at sunrise in the Negev desert.
Les "grandes nageoires" dans le Néguev (photo: Albert Benhamou)

Israël se lit comme une coupe entre mer, montagne, désert et faille


Le pays appartient à un carrefour géologique majeur. À l’ouest, la Méditerranée a déposé sables du Sahara, dunes consolidées et plaines côtières. Au centre, les hautes terres de Galilée, de Samarie et de Judée montrent de vastes séries calcaires, issues d’anciennes mers peu profondes. À l’est, la vallée du Jourdain et la mer Morte suivent une grande fracture tectonique, liée au système du rift syro-africain qui s'étend depuis le sud de la Syrie (ou plutôt le nord d'Israël) jusqu'à la Corne d'Afrique. Au nord-est, le Golan porte la mémoire d'une activité volcanique abondante qui ne s'est tue qu'il y a 100.000 ans. Au sud, l’Arabah, Timna et Eilat dévoilent des roches bien plus anciennes, parfois d’aspect presque primordial.


Dans ce pays, la beauté n’est jamais séparée de la structure. Une falaise n’est pas seulement une falaise. Elle est une page inclinée. Un cratère d’érosion n’est pas une curiosité. Il est la preuve patiente que l’eau, le vent et le temps savent sculpter plus finement que la violence des mouvements tectoniques.


Parmi les formations à observer, les visiteurs attentifs reconnaîtront le grand cortège des roches sédimentaires, roches volcaniques, roches magmatiques (granites) et grès métamorphiques (gneiss, quartzite et ardoise), non comme une liste abstraite, mais comme une succession de mondes visibles à ciel ouvert.


Type de paysage du nord au sud

Roches dominantes

Sites à voir

Plateaux volcaniques

Basaltes, scories, tuf

Golan, mont Bental

Collines calcaires

Calcaires, craies, dolomies

Jérusalem, Judée, mont Carmel, Galilée

Désert pluviométrique

Craies, calcaires

Désert de Judée

Plaine côtière

Sables, grès littoraux, kurkar

Césarée, Dor, dunes d’Ashdod

Rift et mer Morte

Évaporites, argiles, dépôts salins

Massada, Ein Gedi, mer Morte

Désert d’érosion

Calcaires, marnes, grès

Néguev, Makhtesh Ramon, Ein Avdat

Socle ancien (précambrien)

Granites, grès, roches métamorphiques

Timna, Eilat, monts d’Eilat


Le Golan porte la voix sombre des volcans


Le plateau du Golan contraste vivement avec les autres régions d'Israël. Là, la roche devient noire, dense, parfois rougeâtre lorsqu’elle a été oxydée. Le basalte domine. Il provient d’éruptions relativement récentes à l’échelle géologique, liées à l’activité volcanique causées par la dérive des continents qui a créé la faille syro-africaine.


Le mont Bental, ancien cône volcanique, constitue un excellent point d’observation. Depuis ses pentes, le regard suit les ondulations du plateau et repère les formes arrondies des anciens édifices volcaniques. Les sols sombres, souvent fertiles, témoignent de l’altération des basaltes.


Dans certaines zones, les coulées se lisent encore dans le relief. Les orgues basaltiques, lorsque les conditions les ont produites, montrent le refroidissement soudain de la lave en colonnes hexagonales. Les pierres sombres des villages et des murets rappellent que le volcanisme n’a pas seulement façonné la topographie. Il a aussi donné une matière à bâtir. Pour en savoir plus sur le Golan, cliquez ici.


Les amateurs de géologie y trouveront un changement radical de texture. Alors que le calcaire se dissout, se creuse, se polit, le basalte, lui, se fracture, se débite, rouille parfois en surface. Il porte une gravité différente, une couleur de nuit ancienne.


Les sites d'intérêt volcanique dans le Golan sont notamment:


  • le lac Ram: l'effondrement du toit d'une chambre magmatique sous les couches de la croûte terrestre a créé une cavité circulaire (une caldeira) et les eaux de pluie la remplissent pour créer un lac


  • la forêt Odem qui cache la grande "Juba" (le mot signifie fosse en arabe): l'explosion de poches de gaz situées dans le manteau terrestre et a créé des dépressions (les juba) à la surface; on recense plus d'une vingtaine de tels "juba" dans la région; la grande juba mesure environ 250 mètres de diamètre et 60 mètres de profondeur; un parcours pédestre agréable en fait le tour


  • les volcans éteints du Golan forment les monts et collines actuels, dont le mont Bental où l'on peut aussi évoquer la géopolitique et la présence des Casques Bleus dans le Golan


  • le parc volcanique au pied du mont Avital: un musée de volcanologie


  • la pierre paléomagnétique, témoin d'une inversion passée du champ magnétique de la Terre; venir avec une boussole mécanique (et non une app sur le téléphone) pour voir son aiguille s'inverser pour indiquer le sud !


  • les orgues basaltiques aux endroits où la lave s'est refroidie brusquement au contact de l'eau; vous pouvez en voir notamment à la cascade Ayit (facile d'accés), au torrent de Zavitan (réserve naturelle de Yehoudiya), et au bassin des hexagones où vous pourrez vous baigner (réserve naturelle de Nahal Meshoushim)


Bassin des hexagones
Bassin des hexagones (photo: Albert Benhamou)



Les calcaires de Galilée, du Carmel et de Judée gardent la mémoire des mers anciennes


Les reliefs du centre et du nord d’Israël sont dominés par des roches sédimentaires déposées dans le paléo-océan Téthys qui couvrait une bonne partie du globe terrestre. Beaucoup datent du Mésozoïque et du Cénozoïque, périodes qui ont commencé il y a 250 millions d'années et durant lesquelles la région d'Israël fut en grande partie recouverte par des eaux chaudes et peu profondes. Les coquilles (composées de Calcium), les boues carbonatées et les organismes marins y ont formé, au fil des âges, des calcaires, des craies et des dolomies.


Le mont Carmel en donne une lecture majestueuse. Ses pentes boisées cachent des couches calcaires, des grottes, des fractures et des traces d’érosion karstique. Le relief y paraît doux vu de loin, mais la roche très ancienne reste vive, fendue, pleine de cavités et de seuils. Le parc national Nahal Mearot offre un circuit géologique en plus de la visite de grottes préhistoriques où le Néandertal venu d'Europe a rencontré l'Homo Sapiens venu d'Afrique !


Circuit géologique de Nahal Mearot
Paysage le long du circuit géologique de Nahal Mearot (photo: Albert Benhamou)


En Galilée, surtout dans les régions de Safed, de Meron et des vallées alentour, les calcaires composent des montagnes lumineuses. La roche claire renvoie la lumière avec une intensité presque liquide. Elle nourrit aussi un paysage de sources, car l’eau circule dans les fractures, disparaît sous terre, puis revient parfois en résurgences discrètes. La promenade circulaire au sommet du mont Meron (1200 m d'altitude) vaut le détour pour ses panoramas dans toutes les directions et pour sa riche botanique dont, notamment, la présence des trois espèces de chênes connus en Israël, visibles dans un seul endroit. Il faut éviter d'y circuler le soir car cette région regorge de sangliers plutôt exécrables qui sortent dès la tombée de la nuit.


Les collines de Judée, autour de Jérusalem, appartiennent au même grand domaine sédimentaire. La fameuse pierre de Jérusalem, avec laquelle tous les bâtiments de la ville sont édifiés selon une loi vieille de 100 ans, est un calcaire local aux nuances crème, dorées ou rosées. Elle donne à la ville une unité minérale rare. Ici, géologie et histoire bâtie se répondent sans cesse. Les terrasses agricoles, les vallées sèches, les grottes et les carrières anciennes racontent la longue intimité entre une population et son sol.


En quittant Jérusalem en direction de l'est, le désert de Judée se découvre immédiatement avoir passé le tunnel routier sous le mont de Oliviers. Le contraste soudain entre le climat méditerranéen verdoyant et le climat désertique surprend toujours les visiteurs. Le désert de Judée est créé par l'effet dit de parapluie pluviométrique: en moins de 20 km, on descend de près de 1300 mètres vers la mer Morte où circulent l'air chaud venant de la faille syro-africaine. Cet air chaud remonte, empêche les précipitations et crée donc un désert.


Monastère Saint-George dans le désert de Judée
Monastère Saint-George dans le désert de Judée (photo: Albert Benhamou)


Le littoral méditerranéen montre la jeunesse de la géologie d'Israël


Le bord de mer israélien est d’abord un monde de dépôts récents, géologiquement parlant. La mer et le vent y ont travaillé sans relâche, apportant du sable depuis le Sahara, abandonnant des cordons littoraux, consolidant certaines dunes en kurkar, ce grès calcaire typique de la côte levantine. Sa couleur blonde, parfois miel, répond à la lumière du soir.


À Césarée, les ruines antiques dialoguent avec ce substrat côtier. Les pierres bâties et les roches naturelles se confondent parfois, comme si l’architecture humaine avait choisi de rester dans la même grammaire que la plage. Plus au nord, autour de Dor et de la réserve naturelle de Habonim, les criques entaillent les bancs de kurkar. On y voit la sculpture du sel, des embruns et des vagues.


Les dunes du sud, vers Ashdod et Nitzanim, rappellent que les paysages les plus récents sont aussi les plus mobiles. Rien n’y semble fixé pour toujours. Le vent déplace, creuse, relève. Le géologue y observe un instant fragile de la fabrique des roches, avant que le sable ne devienne peut-être pierre.


À voir pour comprendre ce type de paysage:


  • Les formations de kurkar près de Dor et Habonim Elles révèlent la consolidation d’anciens sables littoraux en roches (diagenèse).


  • Les dunes de Nitzanim Elles montrent un littoral encore actif, modelé par les vents.


  • Césarée maritime (pour l'aspect historique du site, cliquez ici) Le site unit archéologie, abrasion marine et pierre kurkar côtière.


Relief de kurkar côtier près de Dor
Relief de kurkar côtier près de Dor (photo: Albert Benhamou)



Le Néguev révèle l’art lent de l’érosion


Le désert du Néguev est peut-être le plus grand théâtre géologique du pays. Il ne se contente pas d’exposer la roche. Il la met en scène. Les couches y apparaissent nues, lisibles, inclinées, plissées ou entaillées. La végétation rare laisse au regard le privilège de suivre les lignes de strate sur de longues distances.


Le site le plus célèbre est le Makhtesh Ramon. On le nomme cratère, mais ce n’est pas un cratère d’impact météoritique ni une caldeira volcanique: c'est un cratère d'érosion. Ce type de formation est rare avec à peine une dizaine d'exemples dans le monde dont la plupart sont en Israël et en Jordanie. C’est une forme d’érosion propre à la formation unique de cette région, née de l’évidement d’un anticlinal, une structure plissée en voûte causée par l'apparition de la faille syro-africaine il y a quelques 3 millions d'années. Les couches les plus tendres ont été dégagées, puis évacuées par les eaux de torrents saisonniers. Les rebords du côté opposé à la direction de la faille syro-africaine ont résisté à l'érosion et sont restés comme une enceinte naturelle.


Au fond du makhtesh, les couleurs changent avec les formations. Certaines zones montrent des grès rouges ou jaunes, d’autres des calcaires pâles, des marnes, des argiles. La promenade devient une leçon sur la résistance différentielle des roches. Ce qui cède forme une vallée. Ce qui tient devient falaise.


Panorama du cratère Ramon
Panorama du cratère Ramon, façade ouest (photo: Albert Benhamou)

Le canyon d'Ein Avdat, plus au nord dans le Néguev, offre un autre visage du désert. Le canyon y tranche les calcaires crayeux blancs. Des sources, des vasques et des peupliers y composent une scène plus fraîche, presque secrète. L’eau prouve ici sa puissance paradoxale. Rare, elle n’en est que plus décisive.


Les sites majeurs du Néguev géologique


  • Makhtesh Ramon Le meilleur lieu pour saisir le lien entre plis, strates et érosion. Du côté de sa sortie à l'est, vous pourrez voir après une marche le mur des Ammonites. Il s'agit de carcasses d'ammonites pétrifiées. Ces animaux géants peuplaient la mer en même temps que les dinosaures peuplaient la terre. Les deux espèces ont disparu en même temps il y a 66 millions d'années. Le mur des Ammonites est en fait un vestige du littoral de l'océan Téthys.


  • Makhtesh Gadol et Makhtesh Katan Deux formes plus petites, mais très parlantes pour comparer les reliefs. Voir le Makhtesh Katan à partir de la falaise nécessite un véhicue 4x4.


  • Ein Avdat Un canyon crayeux où l’eau sculpte une architecture verticale. La cascade, permanente, "recule" au fil du temps du fait de l'érosion.


Eye-level view of white limestone canyon walls and a small spring at Ein Avdat.
À Ein Avdat, l’eau rare taille la roche avec une précision silencieuse (photo: Albert Benhamou)


La mer Morte et la vallée du Jourdain montrent la Terre en mouvement


À l’est, le pays s’abaisse brutalement. La vallée du Jourdain et la mer Morte suivent une grande zone de faille, où deux plaques coulissent l’une par rapport à l’autre, en s'écartant l'une de l'autre. La dérive des continents est la plus rapide en ce point au monde. Elle a créé une dépression profonde, bordée de falaises abruptes et de reliefs fracturés. Elle sépare progressivement Israël du continent asiatique.


La mer Morte frappe d’abord par son éclat minéral. Le sel ourle les rives. Les eaux lourdes reflètent les montagnes de Moab et de Judée. Les dépôts évaporitiques, formés dans des bassins fermés où l’eau s’évapore plus vite qu’elle ne se renouvelle, rappellent la puissance des climats arides. La mer Morte baisse de niveau, d'environ un mètre par an, ce qui crée un recul de son pourtour côtier.


Bassins d'extraction des minéraux de la Mer Morte
Bassins d'extraction des minéraux de la Mer Morte (photo: Albert Benhamou)

Autour d’Ein Gedi, les sources jaillissent au pied des falaises. La scène est saisissante. Au-dessus, des calcaires secs, chauffés par le soleil. En bas, une oasis vive, suspendue entre roche et sel. Ce contraste vient de la géologie autant que du climat. Les eaux infiltrées dans les hauteurs circulent, rencontrent des niveaux moins perméables, puis ressortent dans les escarpements. De plus, la réserve naturelle d'Ein Gedi offre une flore riche avec des plantes issues de plusieurs zones climatiques différentes. Côté faune, vous pourrez y voir des bouquetins et des damans de montagne.


Massada, posée sur son plateau isolé, offre une lecture spectaculaire de cette bordure du rift. Ses parois abruptes, ses ravins voisins et son isolement topographique disent la violence lente des soulèvements, des affaissements et de l’érosion.


La région reste aussi sensible aux changements actuels. La baisse rapide du niveau de la mer Morte favorise la formation de dolines, ces effondrements soudains liés à la dissolution du sel souterrain. On y voit un paysage actif, parfois instable, où la géologie ne relève pas seulement du passé. Il n'est pas exclus que la région de la mer Morte ne soit plus praticable dans un certain nombre d'années du fait de la dangerosité de la géologie en mouvement.



Timna et les monts d’Eilat dévoilent le socle profond et les grès rouges


Près d’Eilat, le voyage touche des terrains plus anciens. Les monts d’Eilat exposent des roches cristallines, dont des granites et des roches métamorphiques, associées au socle précambrien de la région. Les couleurs y deviennent plus sévères, parfois roses, grises, brunes ou noires. La roche semble moins déposée que surgie.


Le parc de Timna, au nord d’Eilat, ajoute une dimension presque sculpturale. Ses grès rouges et ocres forment des piliers, des arches, des falaises et des parois veinées. Les célèbres “piliers de Salomon”, formation naturelle taillée dans le grès, donnent à voir la fragilité apparente d’une roche pourtant durable. L’érosion y travaille par grains, plaques, fissures.


Timna est aussi lié au cuivre. Des traces d’extraction ancienne rappellent que la géologie commande souvent les gestes humains. Les minerais ne se répartissent pas au hasard. Ils dépendent d’eaux circulantes, de fractures, de réactions chimiques et d’une longue histoire souterraine. Timna a été le témoin de l'évolution humaine entre l'âge de pierre (le Néolithique) et l'âge du cuivre (le Chalcolithique) comme en témoignent les traces d'outils utilisés contre la roche dans les temps reculés. Le site a été exploité jusqu'à la fin de la période du Bronze par les pharaons puis par le roi Salomon lors de la période du Fer.


Piliers du roi Salomon à Timna
Piliers du roi Salomon à Timna (photo: Albert Benhamou)

Les monts d’Eilat, eux, offrent l’un des contrastes les plus beaux du pays. Au matin ou au couchant, les granites prennent des teintes chaudes. À l’horizon, la mer Rouge ajoute une ligne bleue presque irréelle. Dans un même regard, on embrasse le socle ancien, les reliefs arides et l’ouverture marine. Un parcours particulier est à démarrer deux heures avant le lever du soleil avec un guide expérimenté: le mont Tzefakhot (le mont des ardoises). Depuis son sommet, vous pouvez voir le lever du soleil et quatre pays autour de la mer Rouge: Israël, la Jordanie, la péninsule égytienne du Sinaï, et les ports du nord de l'Arabie Saoudite.


Une autre visite intéressante est celle du parcours du canyon Rouge. C'est un canyon sculpté par un torrent saisonnier. Là encore, ne faites cette visite qu'avec un guide expérimenté qui saura prendre les précautions nécessaires.



Un itinéraire pour lire la terre d'Israël par ses roches


Un voyage dans la géologie d'Israël gagne à suivre une progression claire. On peut commencer par la côte, là où les paysages sont jeunes et mobiles. Puis monter vers le Carmel, la Galilée ou Jérusalem, afin d’entrer dans le domaine des calcaires. Le Néguev vient ensuite, avec ses coupes naturelles et ses formes d’érosion. La mer Morte donne la grande leçon tectonique. Le Golan ajoute le chapitre volcanique. Timna et Eilat offrent, enfin, le retour vers les profondeurs anciennes datant d'environ un milliard d'années.


Cette logique permet de ne pas collectionner les sites comme de simples points sur une carte. Elle compose une lecture. Chaque région répond à la précédente. Le sable de la côte parle du présent. Les calcaires parlent des mers disparues. Les makhtesh parlent du temps qui enlève. Le rift parle du mouvement tectonique. Le basalte parle du feu tellurique. Le granite parle de racines profondes du premier continent sorti des eaux.


Le plus beau dans ce voyage n’est pas seulement la variété des sites. C’est la proximité des temps. Sur une même route, le regard peut quitter un dépôt récent pour rejoindre une faille majeure, puis un désert où affleurent des strates vieilles de millions d’années. La carte devient mémoire. La pierre devient récit.


Israël, par sa géologie, enseigne une forme d’attention qui invite à marcher moins vite, à lire une falaise avant de la photographier, à toucher du regard les plis d’une colline, à reconnaître dans le sol non un décor, mais une phrase ancienne que le présent continue d’écrire.


Pour organiser des visites de ces sites géologiques uniques, n'hésitez pas à me contacter.


Albert Benhamou

Guide touristique francophone en Israël

Heshvan 5787 - Novembre 2026


Vue de la péninsule du Sinaï depuis le sommet du mont Tzefakhot
Vue de la péninsule du Sinaï depuis le sommet du mont Tzefakhot (photo: Albert Benhamou)

Comments

Rated 0 out of 5 stars.
No ratings yet

Add a rating
bottom of page