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Albert Tours Blog-  A Licensed Tour Guide - Israel

Les symboles de Hanoucca

La fête annuelle de Hanoucca commence demain à la tombée de la nuit du 7 décembre 2023. Elle est très attendue de tous les enfants juifs à travers le monde car elle est la fête des lumières qui dure 8 jours, durant lesquels ils reçoivent de petits cadeaux-surprises chaque soir après allumage des lumières (bougies ou mèches d'huile). On ne va pas s'attarder ici sur l'histoire de cette fête, dont vous trouverez les explications sur Internet, mais allons plutôt nous pencher sur ses symboles.

Une hanoukkiya allumée au 8ème jour

Date de la fête

Tout d'abord, cette fête tombe à la date hébraïque du 25 Kislev (dans le calendrier grégorien, cela tombe généralement au mois de décembre). Le mois de Kislev est celui où Noé et sa famille sont sortis de l'Arche après le Déluge et ont donc pu enfin se "reposer" de cette grande catastrophe humanitaire. Or la fête de Hanoucca est elle aussi attachée à un "repos", celui de la guerre des Juifs contre la domination grecque en terre d'Israël en 164 avant notre ère. Le mot même de Hanoucca évoque ce point : il s'écrit חנוכה qui se décompose en חנו (qui signifie "ils se sont reposés") et כה (la valeur numérique כ"ה est 25, comme le 25 Kislev justement).


Notons aussi que le mois de Kislev est le 9ème mois du calendrier hébraïque et ce nombre 9 a une connotation spécifique avec Hanoucca comme expliqué ici par la suite.


Signification du mot Hanoucca

Le mot Hanoucca a deux sens : la consécration et l'éducation. La consécration est évidente car, après la victoire des Maccabées contre les Grecs hellénisants, le Temple de Jérusalem (qui avait été souillé par ces païens) a pu être à nouveau purifié et sacré pour le service divin : c'était donc une consécration. Et l'éducation ? Elle est figurée dans le mot Hanoucca (חנוכה) qui contient la racine H"N"C (ח"נ"כ) qui donne aussi le mot 'Hinou'ch (חינוך) c'est-à-dire éducation. On peut y comprendre un lien caché entre consécration pour le divin et éducation pour l'humain : le rôle de l'humanité est d'éduquer les générations futures, afin que la consécration soit perpétuée. Au niveau des Juifs, cette fête est surtout une fête de la mémoire qui doit elle aussi être perpétuée au travers des enfants, d'où les cadeaux et les chants qui les accompagnent lors de la cérémonie journalière pendant les 8 jours. Au niveau du nombre 8, je vous invite à lire mon blog sur la symbolique des nombres.


Guerre des Maccabées

La victoire des Maccabées s'est faite contre la culture d'assimilation hellénistique que voulaient imposer la Grèce antique au peuple d'Israël en effaçant à jamais sa spécificité religieuse dérivée des commandements de la Torah.

Mattathias Maccabée déclenchant la révolte (Gustave Doré)

Le mot Grèce se dit Yavan et s'écrit יון qui, si on permute ces trois lettres, donne aussi נוי qui veut dire la beauté pour les yeux, la beauté matérialiste donc superficielle. C'est ce que la culture hellénistique avait à offrir : beauté du corps (les "jeux" olympiques), beauté des formes d'architecture, beauté de l'art, etc. La valeur numérique du mot Grèce יון est 66 : pour la symbolique juive, 66 c'est deux fois 6, le nombre 6 représentant le matérialisme (voir symbolique des nombres), donc un matérialisme doublé, comme une emphase. Chez les Chrétiens, c'est pire car le nombre 6 est la source du Mal qui donne le symbole du démon à savoir 666.


Cette victoire des Juifs contre les Grecs avait été prophétisée par Zacharie qui vivait en Judée quelques 400 ans avant les événements :


Je vais lancer tes fils, Sion, contre les tiens, Yavan. (Zacharie 9:13)


Or que remarque-t-on dans ce verset ? Le mot Sion s'écrit ציון qui inclut d'ailleurs le mot Yavan יון (Grèce). La différence des deux mots Sion et Yavan est la lettre hébraïque tsadik צ qui fait référence à la justice divine (le mot tsadik veut d'ailleurs dire Juste en hébreu). En quelque sorte la justice divine va en imposer à Yavan, la Grèce : c'est ce que la prophétie de Zacharie exprime car il est évident que les paysans non aguerris de la terre d'Israël de cette époque ne pouvaient pas faire le poids contre l'armée grecque qui avait conquis tout le monde antique dont les empires perses et égyptiens. Alors il avait fallu la main de Dieu, en "lançant les fils de Sion" devenus soudainement téméraires, pour vaincre cette armée d'élite.


Côté numérique, on a vu que le mot Yavan-Grèce a pour valeur 66 mais le mot Sion (qui l'inclut) a la valeur de 90 (צ) + 66 (יון) c'est-à-dire 156. Mais 156 a la particularité d'être la valeur numérique 26 x 6, où 26 est la valeur numérique du nom de Dieu (le tétragramme) et 6 est la valeur du monde matériel. Donc là aussi on peut voir que Dieu en impose au monde matériel à travers la symbolique de cette fête de Hanoucca. On retrouve d'ailleurs le nombre de Dieu, 26, dans le mot même de Hanoucca. En effet le mot s'écrit חנוכה dont chaque lettre a pour valeur numérique : 8 , 50 , 6 , 20 , 5. Or une des règles de la numérologie est aussi de prendre en compte le "petit nombre" d'un mot, à savoir d'additionner les unités et non les dizaines ou centaines. Donc le petit nombre de Hanoucca est 8 + 5 + 6 + 2 + 5 = 26 !! En fait, la présence de Dieu se retrouve partout dans les symboles de cette fête et c'est peu surprenant car, comme l'avait prophétisé Zacharie, c'est Dieu lui-même qui "va lancer" les fils de Sion contre les fils de Yavan. Dieu est le stratège de cette guerre. D'ailleurs, la valeur numérique de Hanoucca est 8 + 50 + 6 + 20 + 5 = 89. Or, comme Dieu est présent comme stratège caché dans cette guerre, on peut ajouter Son nombre à celui de la fête : Dieu est Un, donc on ajoute 1 au nombre 89, ce qui donne 90. Et 90 est la valeur numérique de la lettre tsadik צ qui est symbole du Juste et qui est assimilé au mot Sion ציון comme on l'a vu ci-dessus.


Pourquoi allume-t-on des lumières à Hanoucca ?

Pour commémorer un miracle qui a eu lieu lors de la purification et la consécration du Temple. En effet, le service divin requiert d'allumer la ménorah (chandelier) à 7 branches qui datait du temps de Moïse et des Hébreux dans le désert. Celle-ci était placée à l'intérieur du Sanctuaire, donc seuls les prêtres spéciaux (les Cohanim), pouvaient la voir car eux seuls pouvaient pénétrer dans le Sanctuaire. Cette ménorah était composée de 7 branches, dont 6 étaient allumées de façon journalière par le service des Cohanim alors que la 7ème lumière était dite "éternelle" car elle ne s'éteignait jamais, marquant ainsi la présence divine dans le Sanctuaire. Mais les Grecs avaient désacralisé le Temple, notamment en y sacrifiant à leurs dieux païens sur l'autel du Temple. La grande ménorah était alors éteinte, car le service divin avait de facto été interrompu. Quand les Maccabées libérèrent Jérusalem et voulurent redémarrer le service divin, ils sortirent tous les ustensiles du Temple sur le parvis pendant que l'intérieur du Sanctuaire était purifié par des procédures très spécifiques. L'allumage des lumières de la ménorah était donc fait de façon temporaire sur le parvis aux yeux de tout le peuple. Mais ils ne trouvèrent qu'une seule fiole d'huile d'olive spéciale dédiée au service. Ils envoyèrent une escouade au nord d'Israël, à Gamla sur le plateau du Golan, là où était fabriquée l'huile d'olive pure pour le Temple. Temps de trajet : 4 jours aller et 4 jours retour, donc 8 jours. Que faire pendant ce temps ? Le premier jour, le grand-prêtre fit allumer la ménorah avec la fiole trouvée, en pensant qu'elle ne durerait qu'une seule journée. Mais, ô miracle, le lendemain, les lumières ne s'étaient pas épuisées et la ménorah a continué à être éclairée pendant les 8 jours de trajet de l'escouade. Ce miracle a pu être vu par tout le peuple de Jérusalem. Ainsi, pour fêter Hanoucca, les Juifs ont créé une ménorah différente de celle du Temple (celle à 7 branches) : c'est la hanoukkiya à 9 branches, à savoir 8 branches pour les 8 jours de miracle + 1 branche pour être le "gardien", similaire à la 7ème branche de la ménorah. En hébreu ce "gardien" s'appelle le shamash שמש qui veut dire aussi soleil, qui est symbole de lumière "perpétuelle". Ceux qui visitent le Tombeau de David au Mont Sion peuvent voir une hanoukkiya dans le hall d'entrée. Et évidemment toute maison juive en possède une, pour célébrer cette fête annuelle.


La raison pour laquelle l'emblème de l'Etat d'Israël a été choisi comme la ménorah du Temple (à 7 branches) est précisément la fête de Hanoucca. Car, Hanoucca est la fête du renouveau de l'état juif (à l'époque contre les Grecs séleucides) symbolisé justement par le miracle, visible de tout le peuple, des lumières de la ménorah pendant 8 jours. Depuis le temps de cette révolte des Maccabées, la ménorah a toujours symbolisée le renouveau de l'indépendance juive. C'est donc logique que, après 2000 ans, le nouvel Etat d'Israël reprenne ce même symbole bimillénaire.

Emblème de l'Etat d'Israël

Combien d'allumages au total ?

Le premier jour on allume le shamash et la 1ère lumière. Le second jour, le shamash et la 2 lumières, et ainsi de suite jusqu'au 8ème jour où on allume le shamash et les 8 lumières. Donc au total des 8 jours de fête, on allume 2+3+4+5+6+7+8+9 = 44 lumières. Or 44 a la valeur numérique du mot dam דם qui veut dire sang. Car la fête de Hanoucca est pour commémorer une guerre qui a coûté la vie à des hommes, donc a fait couler du sang comme dans toute guerre, mais c'était un sacrifice nécessaire pour faire triompher le צ, tsadik, donc la Justice divine par le biais des "fils de Sion".


Signification de Yavan

Le mot Yavan יון s'écrit de trois lettres qui vont dans un mouvement descendant (en lisant de droite à gauche, en hébreu) : le yod י (qui représente le divin, voir Symbolique des nombres) puis le vav ו qui représente le matérialisme donc abandon de la divinité, et enfin de noun final ן qui a valeur de déchéance (au lieu du noun normal נ qui symbolise le miracle). Le mot Yavan peut en fait être lu comme yavén qui se trouve dans le seul verset biblique suivant :

Je suis enfoncé dans la boue (yavén) de l'abîme (Psaume 69:3)


On voit donc corrélation, dans la Bible, entre Yavan (la Grèce) et la déchéance progressive depuis Dieu (la lettre yod), en passant par le matérialisme offert par l'hellénisme, jusqu'aux profondeurs de l'abîme (la lettre noun final). C'était justement la condition des Juifs, au bord de l'abîme de l'assimilation à la culture hellénistique, avant la révolte des Maccabées. Ce verset peut être considéré comme une vision prémonitoire de David (auteur des Psaumes), comme tout le reste du psaume 69, de ce qui arrivera aux fils de Sion à l'époque hellénistique. Et c'est pour cela qu'il fallait transformer le noun final de déchéance en un noun de miracle. David se fait alors l'avocat du peuple d'Israël en poursuivant par une supplique à Dieu :


Approche-toi de mon âme, sauve-la ; à cause de mes ennemis, tire-moi du danger. (Psaume 69:19)


Car seule une intervention divine pouvait sortir les Juifs de cet abîme. Et David conclut le psaume avec ces paroles on ne peut plus prophétiques :


Car Dieu viendra au secours de Sion, Il rebâtira les villes de Juda : on s'y établira et on en prendra possession. C'est la postérité de ses serviteurs qui les aura en héritage ; ceux qui aiment Son nom y fixeront leur demeure. (Psaume 69:36-37)


Quels sites visiter en Israël pendant la fête de Hanoucca?

Bien entendu Jérusalem de l'époque Second Temple, notamment le Kotel (Mur des Lamentations) et le Centre Davidson (site archéologique montrant les vestiges et fouilles du Mont du Temple), l'Institut du Temple où sont expliqués les outils et le déroulement du service divin, la maquette de Jérusalem au Musée d'Israël, et bien d'autres choses qu'un guide touristique certifié peut vous montrer à Jérusalem.


En dehors de Jérusalem, vous pouvez suivre la trace des Maccabées à travers la Judée : plusieurs sites autour de Modi'in là où la guerre a commencé, dont Oum el-Oumdan ruines de la synagogue antique époque Second Temple (une des seules 7 synagogues qui restent en Israël de cette époque, celle-ci étant probablement la plus ancienne), le lieu des tombes des Maccabées (dépassez le lieu touristique en vous dirigeant vers le nord, vous arrivez au lieu-dit "tombe de Mattathias Maccabée", près de Khorbat haGardi, qui est le lieu historique de ces tombes, en bordure de la ville palestinienne El-Midiéh décrite par l'archéologue Clermont-Ganneau comme l'antique village de Modi'in).

Tombe de Mattathias Maccabée

Toujours dans cette région, vous pouvez vous rendre à Tel Guézer et à Emmaus, là où la gigantesque armée grecque séleucide s'est rassemblée avant leur 3ème campagne (infructueuse) contre Judas Maccabée (dite bataille d'Emmaüs). Et si vous vous rendez à Beth-El en Samarie, vous pourrez admirer de loin le mont Baal Hatzor au pied duquel a eu lieu la dernière bataille de Judas Maccabée où il perdit la vie. Enfin, beaucoup plus au nord, dans le cimetière ancien de Safed, vous trouverez la tombe traditionnelle d'Anna et de ses sept fils, martyrisés pendant la répression religieuse des Grecs sur le peuple juif (leur histoire est racontée dans le 2ème livre des Maccabées 6:12-17)


Tant de sites historiques et si peu de temps, me diriez-vous ! Un seul voyage en Israël ne suffit évidemment pas à ceux qui s'intéressent à la Bible, l'Histoire et l'Archéologie.


Il me reste à souhaiter une bonne fête de Hanoucca 5783 à tous ceux qui ont pris le temps de lire ce blog.



Albert Benhamou

Guide certifié du Ministère du Tourisme en Israël

6 décembre 2023 - 24 Kislev 5783




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