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Nouvelles archéologiques de 2025

L'année 2025 a été riche en nouvelles découvertes archéologiques en Israël. En voici une sélection parmi les plus importantes, selon l'ordre chronologique de leur période respective.



Premier Temple, monarchie unifiée : un temple dans la Cité de David

L'année 2025 avait commencé par une grande découverte : celle d'un temple au sein même de la Cité de David, c'est-à-dire la cité cananéenne conquise par le roi David qui en a fait sa capitale. Il n'y a donc rien d'étonnant de considérer que, bien entendu, les Cananéens sur place avait une zone cultuelle dans leur ville. Il semble que les archéologues l'aient découverte et, qui plus est, elle aurait été utilisée pour le service du dieu des Israélites à l'époque de David avant la construction du Temple sous Salomon. Voire, les archéologues considèrent que ce temple, creusé à même la colline, auraient été en service jusqu'à la réforme du roi Ezékias au 8ème siècle avant notre ère lorsqu'il avait décommissionné tout lieu de culte autre que le Temple lui-même. Sa raison pour cette réforme religieuse? Les pratiques de culte hors du Temple sne suivaient pas toujours les lois.


La zone de culte dans la Cité de David
La zone de culte dans la Cité de David (Illustration: Shalom Kveller, City of David)

D'une superficie de plus de 200 m2 et partiellement creusé à flanc de colline, ce site cultuel se compose de huit pièces rupestres, chacune abritant différentes installations, dont un autel, une massebah (pierre dressée), un pressoir à huile et un pressoir à vin. Ces deux pressoirs servaient probablement à la préparation des offrandes (à la massebah), et l'autel, doté d'un canal de drainage, était peut-être le lieu de sacrifices. L'une des pièces de ce complexe présente de mystérieuses lignes creusées au sol en forme de V dont l'explication reste encore à l'état conjecturel. Une petite grotte a aussi été dégagée lors des fouilles: on y a trouvé de nombreux artifacts et, comme elle avait été scellée, les chercheurs pensent qu'il s'agissait d'une favissa, à savoir une fosse rituelle. Parmi ces artifacts se trouvaient des jarres portant des fragments d'écriture hébraïque, ce qui laisse penser que ce centre cultuel d'origine cananéenne avait été réutilisé pour le culte israélite avant la réforme d'Ezékias qui a vu cette grotte sceller une fois pour toutes.


Le centre de culte dans la Cité de David
Le centre de culte dans la Cité de David (photo : Kobi Harati, Cité de David)

Premier Temple, monarchie unifiée : une boucle d'oreille phénicienne trouvée à Jérusalem

Les fouilles en cours à l'Ophel, donc au versant sud du Mont du Temple, avaient permis de découvrir une boucle d'oreille en or de style phénicien dans une strate datant de l'époque du roi Salomon (donc vers l'an 1000 avant notre ère).

Bien que découvert il y a une dizaine d'années, c'est plus récemment que les archéologues se sont intéressés à cet objet et ont réalisé la portée de la découverte de ce petit trésor : la preuve de la présence phénicienne à Jérusalem au temps de Salomon. Et cette présence est confirmée par le récit biblique : Hiram, roi de Tyr, envoya ses serviteurs vers Salomon, car il avait appris qu'on l'avait oint roi à la place de son père ; Hiram ayant toujours été un ami de David (I Rois 5:15).


Boucle d'oreille phénicienne en or
Boucle d'oreille phénicienne en or (photo : Armstrong Institute of Biblical Archaeology)

Premier Temple, monarchie unifiée : le corps de gardes de l'Ophel

On sait d'après le récit biblique que c'est Salomon qui avait engagé les travaux de construction sur le Mont du Temple à savoir le Temple lui-même au sommet mais aussi son propre palais et celui de son épouse, la fille de Pharaon, sur le versant sud du mont. Ainsi, cette zone que l'on appelle l'Ophel était devenue le centre administratif de la nation judéenne. L'Ophel est situé entre le Temple et la capitale judéenne, surnommée Cité de David dans la Bible.

Malgré la destruction de la Jérusalem du Premier Temple par Nabuchodonosor, quelques vestiges de cette époque Premier Temple étaient restés visibles encore aujourd'hui sur la partie est de l'Ophel. En 2025, les fouilles archéologiques se sont concentrées sur la zone sud où a été mis à jour le corps de gardes qui commandait l'entrée vers les palais et le Temple. Les travaux se poursuivent aujourd'hui et laissent espérer que de nouvelles découvertes seront faites dans cette zone. Les autorités des antiquités en Israël ont le but de reconstituer la porte et son corps de gardes datant de l'époque Premier Temple.


Carte de l'Ophel
Carte de l'Ophel (photo : Armstrong Institute of Biblical Archaeology)

Premier Temple, royaume de Juda : sceau au nom d'un serviteur royal

Les archéologues avaient déjà découvert des sceaux mentionnant de hauts fonctionnaires du temps de Sédécias, en conformité avec le récit biblique (pour en savoir plus, cliquez ici). En 2025, dans le projet de tamisage des tonnes de débris retirés du Mont du Temple, a été trouvé un autre sceau, celui-ci datant d'une période antérieure, et qui porte le nom de son propriétaire: à Yed[a‛]yah (fils d') Asayahu.

Or la Bible mentionne un personnage portant le nom de Asayahu, qui est équivalent à la version plus longue du nom Asaya. Cet Asayahu est mentionné dans la Bible (II Rois 22:12 et II Chroniques 34:20) comme serviteur du roi Josias (tué en 609 avant notre ère) lors de la redécouverte par celui-ci des livres de la Torah pendant la rénovation du Temple.

Bien que les chercheurs ne considèrent pas l'identification d'Asayahu/Asaya avec le personnage biblique de façon certaine, ils soulignent néanmoins que le nom précis, la datation générale, la localisation à Jérusalem et le fait que de tels sceaux n'auraient été utilisés que par des membres de la famille royale sont autant d'arguments en faveur de cette hypothèse, qualifiant l'identification de hautement plausible.


Sceau découvert en 2025 portant le nom de Asayahu
Sceau découvert en 2025 portant le nom de Asayahu (photo : Zachi Dvira, Temple Mount Sifting Project)


Premier Temple, royaume de Juda : strate égyptienne à Megiddo

La cité antique de Megiddo est sans doute plus connue sous le nom qu'elle porte dans le livre de l'Apocalypse : Armageddon. Megiddo est un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (pour connaître ces sites en Israël, cliquez ici) et possède une riche histoire remontant à 4500 ans (pour en savoir plus, cliquez ici). En 2025, des archéologues travaillant dans le secteur X ont révélé la découverte d'une immense strate de poterie égyptienne datant du 7ème siècle avant notre ère. Cette découverte est importante car elle confirme la présence d'une vaste armée égyptienne à cette période. Or l'on sait d'après la Bible que le pharaoh Nécoh avait eu un différend avec Josias, le roi de Juda, et l'avait fait mettre à mort à Megiddo en l'an 609 avant notre ère. La chronologie biblique et l'archéologie concordent donc sur cette datation. On peut aussi mentionner que certains artifacts trouvés dans ces fouilles provenaient de Grèce, ce qui tend à prouver que le pharaon Nécoh avait aussi des mercenaires grecs dans son armée.


Sélection de tessons de poteries égyptiennes à Megiddo
Sélection de tessons de poteries égyptiennes de la zone X (photo: Yevgeni Ostrovsky, Université Ben-Gourion)

Premier Temple, royaume de Juda : retard de paiement du tribut à l'Assyrie

Un tesson de poterie vieux de 2700 ans, découvert près du Mont du Temple à Jérusalem, représente la première correspondance entre le royaume assyrien et le royaume de Juda jamais mise au jour dans la ville. Long d'à peine 2,5 centimètres, il est couvert d'inscriptions cunéiformes et date de la période du Premier Temple. Il semble contenir un message d'avertissement du royaume assyrien au royaume de Juda pour réclamer le paiement d'un tribut en retard. Les chercheurs ont découvert ce petit tesson en tamisant des fragments dans le cadre du projet dans le parc national d'Emek Tzurim (pour plus d'information, cliquez ici). Le texte mentionne une date limite de paiement au-delà de laquelle des représailles seront menées : le premier du mois d'Av, un mois d’été du calendrier juif et mésopotamien. Pour les historiens, il ne fait aucun doute que le roi judéen en question était Ezékias car lui seul avait renoncé à payer le tribut assyrien qu'avait négocié son père en échange de la paix.


Message d'avertissement assyrien au roi de Judah
Message d'avertissement assyrien au roi de Juda

Premier Temple, royaume de Juda : datation du bassin de Siloé

En 2025, le bassin de Siloé, au sud de la Cité de David, a été dégagé par les archéologues. Ils ont procédé à une datation et ont trouvé qu'il avait été creusé au 8ème siècle avant notre ère, ce qui correspond à la période de la monarchie d'Ezékias ou de son père. Ezékias a commencé à régner en 725 avant notre ère, à la mort de son père, et avait renoncé à payer le tribut imposé par l'Assyrie au royaume de Juda (pour en savoir plus, cliquez ici). On sait que c'est Ezékias qui avait entamé les travaux de construction du canal souterrain pour dévier les eaux de la source du Gihon à l'intérieur de la ville, en contrebas, en anticipation de la campagne assyrienne contre lui. Mais il est possible que ce soit son père Ahaz qui avait creusé le bassin de Siloé en construisant un barrage pour retenir les eaux pluviales, avant celles déviées par son fls Ezékias. Ce barrage de retenue des eaux est celui qui a été dégagé par les archéologues en 2025. La question historique que l'on peut se poser est de comprendre pourquoi Ahaz le père d'Ezékias avait fait construire cet énorme barrage de retention des eaux pluviales en son temps? Là encore, seule la Bible nous offre une explication plausible: le royaume du nord, celui d'Israël, venait de tomber en l'an 722-718 avant notre ère sous les coups de l'Assyrien Sargon II, un personnage mentionné dans la Bible mais longtemps considéré comme légendaire jusqu'aux découvertes archéologiques du 19ème siècle (pour en savoir plus, cliquez ici). Or que s'est-il passé? De nombreux Israélites du nord sont venus trouver refuge dans le royaume de Juda, du sud, à Jérusalem. Ce royaume avait été préservé car Ahaz avait signé une alliance avec l'Assyrie en payant un tribut pour préserver son trône. Ainsi, avec ces réfugiés du nord qui arrivaient au fil des années de guerre contre l'Assyrie, le roi judéen avait vu augmenter la population de Jérusalem et avait donc dû augmenter la fourniture en eaux à la ville.


Barrage du bassin de Siloé
Barrage du bassin de Siloé (photo: Emil Aladjem, Israel Antiquities Authority)


Période hasmonéenne : muraille de Jérusalem

Un impressionnant tronçon des remparts de Jérusalem datant de la période hasmonéenne a été mis au jour au complexe de Kishlé, près du musée de la Tour de David. Ce tronçon correspond a un des segments les plus longs et les mieux conservés jamais découverts de cette muraille antique qui date du 2ème siècle avant notre ère. On peut observer d'autres tronçons, bien plus petits, de cette muraille hasmonéenne notamment dans le Cardo romain de Jérusalem. Cette muraille hasmonéenne était large de plus de 5 mètres ! Elle a été érigée en 132 avant notre ère, à peine quelques décennies avant le miracle de Hanoucca (pour en savoir plus sur cette fête, cliquez ici).


Muraille hasmonéenne de Jérusalem
Muraille hasmonéenne de Jérusalem (photo : Emil Aladjem, Israel Antiquities Authority)


Second Temple : datation des manuscrits de la Mer Morte

Jusqu'à présent, les études sur ces manuscrits, qui ont représenté la plus importante découverte archéologique du 20è siècle, ont établi que les plus anciens d'entre eux dataient de 2ème siècle avant notre ère. Cependant, en 2025, cette datation a été reculée d'environ 100 ans plus tôt. Car une équipe de chercheurs a mis au point un outil révolutionnaire : Énoch, un modèle de datation basé sur l'intelligence artificielle (IA) et nommé d'après un personnage de la Bible hébraïque père de Mathusalem. Ce modèle a été calibré sur d'autres manuscrits connus, et déjà datés au carbone 14. Et Énoch suggère que de nombreux rouleaux de la Mer Morte sont plus anciens qu'on ne le pensait, du 3ème siècle avant notre ère. Comme on sait que la Bible hébraïque a été compilée par le scribe Esdras vers l'an 444 avant notre ère (pour en savoir plus, cliquez ici), il en découle que les plus anciens manuscrits de la Mer Morte sont plus proches du temps de leur compilation.



Période romaine : affaire de justice en Judée romaine

Un papyrus avait été trouvé dans les années 1950 dans une grotte du désert de Judée mais il avait été classifié par erreur au département des antiquités de l'époque comme document nabatéen. Or, en 2025, un chercheur de l'université de Jérusalem y a eu accès et s'est rendu compte qu'il s'agissait d'un texte en grec. Il s'avère que ce texte long de 133 lignes conservées est le plus long papyrus grec jamais découvert dans le désert de Judée.

Le papyrus date de la période romaine, peu de temps après la visite de l'empereur Hadrien en 129 de notre ère, et relate une affaire judiciaire étonnante mêlant usage de faux, fraude fiscale et affranchissement frauduleux d'esclaves. Selon un chercheur, "il s'agit du procès romain le mieux documenté de Judée, hormis celui de Jésus". Le document contient les notes du procureur romain et une transcription rédigée à la hâte de l'audience contre deux hommes juifs, Gadalias et Saulos, qui avaient déjà un passé criminel ou douteux. Ce papyrus éclaire les pratiques juridiques romaines en vigueur en Judée à cette époque, démontrant la capacité de l'empire à exercer un contrôle légal et à réglementer les affaires privées, même dans les régions les plus reculées.

Les lignes conservées du papyrus ne font aucune mention de l'issue du procès, qui a peut-être été interrompu par le déclenchement de la révolte de Bar-Kokhba.


Papyrus d'un procès à la romaine
Papyrus d'un procès à la romaine



Période byzantique : ascétisme des femmes

Le squelette remarquable d'une femme morte il y a 1500 ans a été découvert dans les ruines d'un monastère byzantin (Khirbat el-Masani) au nord de Jérusalem. Il révèle qu'elle pratiquait un ascétisme extrême car son squelette a été retrouvé enchaîné par de lourdes chaînes de fer aux bras, aux jambes et au cou. Elle s'était imposé volontairement cette discipline spirituelle, une pratique que l'on croyait jusqu'alors réservée aux hommes. Cette découverte étonnante a bouleversé notre compréhension du rôle religieux des femmes à l'époque byzantine. Inhumée en un lieu d'honneur sous l'autel du monastère, ces anneaux de fer donnait à sa dépouille une apparence d'armure, témoignant d'un profond renoncement à soi pour se rapprocher de Dieu.


Squelette de femme avec des chaînes
Squelette de femme avec des chaînes (photo : Matan Chocron, Israel Antiquities Authority)

Période romaine tardive : sarcophage représentant Hercule et Dyonisos

Le site antique de Casarée ne finit jamais de nous étonner d'année en année par des découvertes d'importance. Ici il s'agit d'un sarcophage en marbre, vieux de 1700 ans, présentant la scène mythologique de Dionysos et d'Héraclès se livrant à un concours de boisson. Ce thème est un classique de l'antiquité romaine et se trouve aussi dans la mosaïque du site de Sepphoris en Galilée. L'intérêt historique dans ce cas-ci est de voir reproduire cette scène sur un sarcophage plutôt que dans un triclinium (salle à manger romaine) comme à Sepphoris. Pourquoi? L'équipe de fouilles pensent qu'il s'agissait d'accompagner le défunt dans un nouveau monde, par des danses et des beuveries, comme pour signifier que la mort n'est pas une fin en soi mais un passage dans un autre monde.


Sarcophage avec Hercule qui ne peut plus se tenir debout tant il est saoul
Sarcophage avec Hercule qui ne peut plus se tenir debout tant il est saoul


Période byzantine : spectaculaire mosaïque vieille de 1600 ans

L'une des mosaïques les plus impressionnantes jamais découvertes en Israël, a finalement été dévoilée au public en 2025 après sa découverte il y a 35 ans. Elle a été découverte au sud du kibboutz Urim, près de la bande de Gaza et est désormais exposée au siège du conseil régional de Merhavim. Cette mosaïque haute en couleurs présente 55 médaillons ornés de scènes de chasse, d’animaux et de scènes de la vie quotidienne. Elle ornait évidemment un grand monastère qui tirait ses revenus de la production de vin. Car les fouilles sur place avaient mis au jour un important pressoir et des entrepôts contenant des jarres de stockage, fabriquées sur place.


Mosaïque Birsama
Mosaïque Birsama (Photo: Emil Aladjem, Israel Antiquities Authority)


Pour finir, les voyageurs au départ de l'aéroport Ben Gourion ne manqueront pas de remarquer l'exposition faite par le département des antiquités pour les artifacts qui ont fait l'histoire ancienne d'Israël. Pour plus d'informations, cliquez ici.


Et bien entendu, si vous souhaitez bénéficier de l'expertise d'un guide certifié en Israël pour vos visites, n'hesitez pas à me contacter ou l'un de mes collègues.


Albert Benhamou

Guide touristique francophone en Israël

Tevet 5786, Janvier 2026


Tag : Nouvelles archéologiques de 2025



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